Le blog quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana. Maison de confiance depuis 2007.


samedi 23 mai 2015

Nu manuel


J'ai bientôt dix-sept ans

Pourquoi faut-il attendre si longtemps ?
La journée de jeudi fut si longue, le vendredi beaucoup plus, et ce samedi me semble interminable.
IL occupe à présent toutes mes pensées. Oubliées les violentes  saillies d’Hassan dans le sous-sol rance, les étreintes fugaces avec Maxime, dans le champ près de la Salis, ces jouissances furtives, sans que jamais le cœur ne se mette à battre vraiment, si ce n’est, arythmique, quand le plaisir afflue, mais que l’âme n'y trouve nulle félicité !
Dominique est beau, plus beau que moi, si grand. C’est le garçon parfait de mes rêves. M’aimera-t-il comme je l’aime déjà, sera-t-il mon guide, mon mentor dans un monde que je connais à peine ? Sa voix, douce et ferme à la fois, me poursuit, me berce avant le sommeil qui vient toujours trop tard :
 - Tu seras mon ami… je t’aime déjà, mon petit… mes parents s’absentent le dimanche. Viens !
Ses paroles chantent en moi, elles s’incrustent au plus profond, lancinantes.
J’ai lu cent fois l’adresse, presque illisible, sur le papier à petits carreaux que j’ai humé autant de fois, pressé contre mon cœur comme un viatique. Comment fait-on l’amour ? Je ne saurais pas. Mais il a dit « je t’apprendrai ». Et je me soumettrai, me laisserai guider, confiant. Je m’abandonnerai, je lui ferai du bien, il faudra qu’il soit content de moi,  je serai attentif, docile, tendre, sauvage s’il le veut. Je ferai ce qu’il voudra. J’ai bientôt dix-sept ans. Il est temps.
(c) Silvano Mangana - Gay Cultes 2015

Cadeau : et Beethoven inventa... le jazz* !



C'est l'une des dernières interprétations publiques d'Alfred Brendel, rangé des Steinway depuis.
La dernière Sonate de Beethoven est, sans contestation possible, l'une des clés de voûte de l'art pianistique, avec, selon moi, la Sonate en Si mineur de Liszt**.
Thomas Mann (encore lui !), dans son Doktor Faustus fait référence à cette oeuvre, la qualifiant "d'adieu à la Sonate", comme si, pour lui, ces pages, les dernières de Beethoven pour ce qui est de cette forme, signaient l'arrêt de mort du genre, car définitivement insurpassables. À mon avis, toutefois, Liszt le contredit.
L'incroyable, c'est le modernisme de ces pages du Maître de Bonn que la surdité a frappé depuis longtemps déjà. Il compose cette pièce entre 1820 et 1822, 5 ans avant sa mort, et, pour paraphraser certain jeune pianiste de mon entourage se tape un "grave délire" ! Dans l'extrait ci-dessus, vos oreilles ne vous tromperont pas : vers 6'30, on croit entendre un chorus (ici, une variation) de jazz !
À l'heure où le mot "génie" est appliqué à n'importe quoi, le terme, accolé au nom de Beethoven, véritable génie visionnaire, remet les pendules à l'heure.

* Bon, Bach, aussi, ok !
** À écouter par Claudio Arrau, si vous avez une demi-heure (mais vous la trouverez, n'est-ce-pas ?), ici : clic

Attention à l'Orient-Express de 9 heures 54 !


Bleu mais pas blues

Source : Flickr
Un cadre idéal pour un petit-déjeuner "à la fraîche", qui me met d'humeur primesautière.

vendredi 22 mai 2015

Le téléphone sourit

Vieux phone très smart.
Slava Mogutin : Summer fun in the Catskills

Le garçon qui aime lire


À Vienne (Autriche), une leçon de tolérance.

AFP/Dieter Nagl
Les feux pour piétons installés à Vienne (Autriche) pour le Concours Eurovision, devraient être pérennisés, vu leur succès.
Plus de 20.000 personnes avaient demandé sur Facebook le maintien des feux, à l'origine conçus comme un simple clin d’œil à l'Eurovision et au message de tolérance véhiculé par la lauréate de l'édition 2014, la diva travestie barbue autrichienne Conchita Wurst.
Le coût de ces nouveaux feux - 63.000 euros - a été vivement critiqué par l'opposition municipale d'extrême-droite (!). Mais le maire de Vienne, Michael Häupl (socialiste), a fait valoir que "l'effet publicitaire" produit était sans commune mesure avec cette mise.
Des tee-shirt reproduisant ces pictogrammes sont désormais en vente, confirmant le succès de l'opération.
Un espoir de plus de tolérance, à l'avenir.



Les yeux de Jeffrey Hunter*


* Acteur américain 1926/1969
Photo extraite du film de Nicholas Ray The king of kings (Le roi des rois)

Haillons

Un
rien
l'habille.

Feedjitations

Hier, dans le petit gadget (Fidjeet, ça s'appelle) de la colonne de droite qui indique d'où proviennent, en temps réel, les visiteurs de ce journal, j'ai relevé :
  
Eh, oh !*



* Non, la traduction n'est pas "Montez Silvano, abrutis !" 

jeudi 21 mai 2015

Deux Cupidon pour le prix d'un



Assumé (2)

"Désolé, les filles, j'aime les garçons."

Mort à Venise : une fois de plus... en attendant la prochaine

L'indispensable Arte proposait, dimanche dernier, le film de Luchino Visconti dans une version HD à couper le souffle : rajeunies, les images du chef-opérateur Pasquale De Santis, subjuguants de perfection, les plans du Maestro (une succession de cadres impeccables), admirablement dépoussiérée, la bande sonore où la musique de Malher illustre, sans la surligner, la trame du roman de Thomas Mann, lumineux, Bjorn Andresen, en inoubliable et inatteignable Tadzio de nos rêves de beauté, bouleversant, enfin, Dirk Bogarde à la poursuite de l'inaccessible étoile !
Et puis, il y a Silvana Mangano (ne pas confondre avec Silvano Mangana, j'en rougirais !), dont les apparitions, fugaces, pourtant, s'imprègnent à jamais dans notre mémoire cinéphile.
Film parfait, éminemment "proustien", comme le démontrait l'excellent document qui suivit sa diffusion, Mort à Venise touche le spectateur, quelles que soient ses inclinations, parce qu'il célèbre la beauté universelle, en un Tadzio qui eût pu être une Tadzia, parce que, qu'on l'avoue ou non, nous poursuivons tous notre jeunesse perdue, parce que aimer, c'est vivre.

L'irremplacé Luchino Visconti, à gauche, et Bjorn Andresen, à droite

































Et puis, il y a Silvana Mangano

Pour comprendre les sourires de Tadzio

(...) et il advint qu'à cette seconde, Tadzio sourit ; lui sourit, d'un air éloquent, familier, charmant, sans dissimulation, ses lèvres ne s'ouvrant que lentement pour sourire. C'était le sourire de Narcisse qui se penche au-dessus du miroir d'eau, ce sourire profond, enchanté, prolongé, avec lequel il tend les bras vers le reflet de sa propre beauté, un sourire très légèrement crispé, crispé par le côté désespéré de sa tentative d'embrasser les douces lèvres de son ombre, coquet, curieux et secrètement tourmenté, fasciné et fascinateur.

-Thomas Mann, La mort à Venise

Christopher & Joey : baiser brûlant

Ah, vous me faites travailler !
Il m'a fallu chercher l'origine de l'image animée publiée hier : elle est extraite d'un clip du chanteur* (absolument "comin outé" Joey Graceffa. L'autre garçon s'appelle Daniel Christopher. On peut regarder avec un autre fond sonore, car la chanson n'est pas à la hauteur du visuel, c'est le moins qu'on puisse dire..
Faites comme vous voulez.





*Note du 22 mai :
"Mike", lecteur vigilant, m'informe aimablement que "Joey, non pas Joe (c'est corrigé) est un célèbre Youtuber et non pas un chanteur, qui fait quelques clips de temps en temps... celui-ci retrace sa vie, de son enfance à aujourd'hui ; ce clip sort à l'occasion de son coming out et de la sortie de son livre."
Merci Mike pour ces précieuses informations, et vive les "Youtuber" !

mercredi 20 mai 2015

Embraser l'embrasure

Edmund Teske - Man in Doorway


Pas sportif, Silvano ?

Bon génie, transforme-moi en moquette !




Sans doute, mais je peux être un fervent admirateur des corps en mouvement.

Cadeau : un Handel somptueux



George Frideric Handel: "Dolci chiodi, amate spine" de La resurrezione
Christiane Karg, soprano · Sonia Prina, contralto · Emmanuelle Haïm, direction.
Berliner Philharmoniker
Berlin Philharmonie, 31 October 2014.

L'intégrale ici : clic

Couple de rêve

Mon prénom est Silvano ; je vous interdis de m'appeler Sissi, mais pour Karlheinz...

lundi 18 mai 2015

Vive la lecture !




Viscontien

 Vilhelm Arrhed par Bo Brinkenfalk
Un peu "tadzien", non ?

Faites-vous une raison

Faites-vous une raison, mon garçon ! Hamburgers, sodas, kebabs, pizzas industrielles et poulets de batterie, qui font l'essentiel de votre alimentation, poursuivent inexorablement leur œuvre : vous avez grossi et devez désormais opter pour des sous-vêtements à votre taille.
Ça se voit, vous savez !?


De plus, voilà votre épiderme transformé en affiche publicitaire.

Christophe Charbonnel à Compiègne

Tête de Persée (230 x 130 x 90 cm) à l'église Saint Pierre des Minimes
Les sculptures géantes de Christophe Charbonnel sont exposées en divers lieux de Compiègne jusqu'au 29 juin.
Il faut voir ces œuvres "grandeur nature" : saisissant !

(Le Parisien/Jean-Luc Grandvallet.)


dimanche 17 mai 2015

Nu et sans artifice

Je ne sais
ce que vous
penserez, mais moi,
je le trouve émouvant (voire plus)
ce garçon posant en milieu visiblement rural.
Source : alextunnard

Je me joins à ce charmant garçon, photographié au plus naturel de son quotidien, pour vous souhaiter un :
Bon Dimanche !

Cadeau : un souffle poétique pour aérer nos pensées

Journée nationale contre l'ignoble



Pour soutenir l'action formidable de l'association Le Refuge, c'est ici : clic

La montée en puissance des partis populistes d'extrême-droite en Europe, les réactions (dans tous les sens du terme) à l'adoption de la loi sur le mariage pour tous et leur couverture médiatique ont favorisé l'émergence, sous l'influence de quelques gourous de toutes obédiences, d'un courant homophobe, enrayant les rouages d'un progrès durement acquis après les années de luttes des précédentes décennies. On assiste, comme en d'autres domaines, à un inquiétant retour en arrière.
Dans un milieu gay qui semble, lui aussi, victime de l'individualisme ambiant, du chacun-pour-soi, il y a, fort heureusement, quelques bénévoles pour en appeler à la nécessaire solidarité. Le Refuge, qui accueille et accompagne les jeunes victimes du rejet de leur propre famille, du harcèlement de plus en plus pratiqué en milieu scolaire, retient tout particulièrement l'attention en cette journée nationale de lutte contre l'homophobie.
 

Homo et alors ? Séance de rattrapage :


Pour revoir le document diffusé sur Arte mardi dernier, c'est ici : clic
Une rediffusion est programmée le lundi 1er juin à 8h55

Un exemple venu du Luxembourg

Le Premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel (à droite), et son époux Gauthier Destenay, après leur mariage à l'hôtel de ville de Luxembourg, le 15 mai 2015. (JOHN THYS / AFP) (via France Info - Davantage : clic)
Si l'adoption par la France de la loi sur le mariage pour tous a suscité les déferlements de haine que l'on sait, les "petits" pays donnent l'exemple en la matière (en Belgique, ça n'a pas causé de problème non plus), et administrent une sacrée leçon d'humanité à la nation, dite, autrefois, des "lumières et des droits de l'homme.