Le blog quotidien superfétatoire et sporadique de
Silvano Mangana. Maison de confiance depuis 2007.

mercredi 27 août 2014

Garçon nu* lisant un vrai livre


* Ça, c'est pour l'audimat ; certains d'entre vous apprécieront que ce jeune homme trouve agréable de lire un livre dans le plus simple appareil.

Carnet de voyage -4- : il ragazzo della Piazza Gramsci

Photo Silvano à Siena (Sienne, It.) | Gay Cultes 2014

Nous attendions le bus pour San Gimignano ; derrière la vitre sale de cette "terrazza" du "caffè" de la place, mon regard s'est attardé sur le "ragazzo" : sa joie de vivre éclatait sous le soleil encore timide de ce début de matinée. Il attendait sans impatience, heureux par avance de retrouver un ami. Bien que jovial, déjà, son beau visage éminemment italien s'est illuminé quand celui-ci est arrivé. Instant précieux que j'ai pu miraculeusement préserver.

J'ai photographié moins de ragazzi, cette fois : mes deux compagnons de voyage étaient beaux à accaparer toute ma tendresse, l'un d'eux menant le bal, dansant, chantant, sautant sans souci des regards, au milieu des foules en transhumance estivale ; le second, heureux d'être entraîné dans ce tourbillon de bonne humeur, ne s'est jamais départi de son sourire : pas une photo (elles resteront intimes), même prise à la dérobée, où il ne l'arbore.
En fin de séjour, j'ai eu une droit à une jolie carte, écrite clandestinement puis habilement glissée sur la table d'une osteria pendant une courte absence : quelques mots tendres qui ne me quitteront jamais.
L'homme-enfant et l'enfant-homme ont rendu cette semaine inoubliable.
J'y reviendrai lundi prochain, jour des épanchements "littéraires".


La ville ocre

Siena (Sienne, It.) | Photo Silvano - Gay Cultes 2014

Cadeau : Mozart au plus haut des cieux !


Nul besoin d'images : la magie, dans cette version Brendel/Marriner, opère.
Ceux qui ont vu le film Amadeus sauront-ils se souvenir 
de la scène que ce mouvement de concerto (le 15ème) accompagne ?

Fin de vacances


mardi 26 août 2014

La leçon de piano

Créons
un
Conservatoire
d'un genre
nouveau !

Carnet de voyage - 3 -


L'inconnu et (presque) moi, Pisa (Pise, It.), dimanche après-midi.
Mon compagnon de route : "Ah, d'accord ! Je me demandais d'où venait ton intérêt pour cet édifice."


Photos Silvano - Gay Cultes 2014

Carnet de voyage - 2 -


Dimanche matin 24 août :
éberlué, je croise une parade
de "contradaioli"* et m'y attarde.





Piazza di Campo, Siena (Sienne, It.), vue partielle
* Les "contrade" (contrada au singulier) sont les dix-sept quartiers de Sienne intramuros. Pour se souvenir du faste de la ville ocre, avant que Florence n'assoie définitivement sa suprématie, les habitants des "contrade" participent dès le plus jeune âge à la vie sociale et culturelle de la cité : leur implication est totale : ils donnent beaucoup de leur temps et de leur énergie pour défendre leurs couleurs. Parades, lancers d'oriflammes sous les roulements de tambours, banquets en plein air, aboutissent tous à un tour d'honneur sur la Piazza di Campo, là où bat le cœur de Siena.

Photos Silvano 2014

Inspiration

Salvador Dali dessine un pénis sur le front de Gala et signe Picasso.
Pourquoi n'y a-t-il plus de fous de génie ?

lundi 25 août 2014

Nu couronné


À Montepulciano (Toscane, It.) - Photo Silvano

Carnet de voyage - 1 -

Photo Silvano - GC

Entraînement au maniement d'oriflamme - Montepulciano (Toscane) août 2014

Photo Silvano - GC

Dieu que je suis sournois !
J'ai profité d'une envie d'escalade de mes deux agiles compagnons : attiré par des roulements de tambour, j'ai pu apprécier l'exhibition de ce jeune homme particulièrement doué.

Tombe, Victor ! | Deuxième partie -13- , Épilogue (?) et Fin

Résumé : après la disparition d'Angelo, Paul a reçu une bouleversante lettre d'amour de celui-ci. 
La lettre anonyme - dénonçant les "pratiques" de l'ange et sa relation avec "un fils de gendarme" -  envoyée aux Bianchini par Darmstetter (Paul croira qu'elle émane de Victor !) a eu pour effet le départ des boulangers pour le Piémont où ils ont confié Angelo à son oncle Giuseppe. Dans sa lettre, Angelo a fait part de son désir de prendre la mer le plus tôt possible. 
Paul s'est réfugié dans la pratique du piano.


Nicolas de Stael : Antibes et le Fort Carré
L’été s’en est allé, qui ne fut jamais si orageux.
Par bonheur – j’avais suivi les conseils de Pierre – le piano fut un compagnon de tous les instants, berçant ma peine, éloignant de moi tous les ressentiments.
Il n’y eut pas le moindre scandale : le fauteur de troubles avait pris soin, c’est certain à présent, de ne pas me mêler au désordre qu’il avait déclenché. Peut-être ne saurai-je jamais pourquoi. Nul épiderme à caresser, nul corps à étreindre ; qu’importe, je n’en ai plus envie. J’aurai une année scolaire bien remplie : j’entre au Conservatoire sans coup férir après un concours passé brillamment, presque anecdotique. Hier matin, j’ai retrouvé le lycée : en seconde, au cours d’une année scolaire sans examen, je tâcherai d’être dans la bonne moyenne et de faire en sorte que mes deux études s’accomplissent en harmonie.
J’ai constaté avec surprise que Darmstetter n’était pas présent. Vernucci, un camarade toujours au courant de tout, m’a appris qu’il avait choisi l’internat de Don Bosco, à Nice.
J’ai pensé « bon débarras ! », mais il me reste des bribes de cette charité chrétienne dont on m’a inculqué les vertus lors de mes années de catéchisme ; j’en regrette presque de ne plus voir ce visage familier. C’est à Victor que j’attribue la paternité des lettres anonymes. Je me suis persuadé que c’était bien dans son style. Mon voyou, autrefois tant aimé, a le cœur entre deux chaises et le paie chèrement ; il s’est vengé en parfait salaud,  jaloux sans doute, ignoble sûrement.
Hier matin, j'ai retrouvé le lycée...
Monsieur Cordier sera une nouvelle fois mon professeur de français. J’aime bien cet homme d’esprit, cultivé, affable, toujours élégant dans ses costumes de tweed. Je l’écoute annoncer le programme de seconde, soulignant avec gourmandise ses auteurs préférés, passant négligemment sur ceux qui ont moins sa faveur, ce qui génèrera quelques conflits, car je ne suis pas d’accord sur tout. Mâchouillant mon crayon, je laisse errer mon regard tout autour de mon banc. Mes yeux s’arrêtent brusquement sur un nouvel élève, déjà repéré lors de l’appel, tout à l’heure. Cheveux mi-longs d’un blond vénitien, mèche en bataille, peau mate, yeux vifs, allure élancée, Jean-Charles – c’est son nom – porte une chemise blanche impeccablement repassée et un short noir qui affleure les genoux. Il porte des chaussettes blanches, hautes, pas des socquettes, et c’est un ensemble admirable. La vie, bonne fille, m’offre en cadeau la beauté pure. Je murmure, psalmodie presque, le double-prénom de mon futur ami : Jean-Charles, Jean-Charles…
Antibes, septembre 1969.
 
Épilogue ?

J’aime Florence, la ville de Laurent le Magnifique où je vais, de temps à autre, pour rejoindre Angelo. Il est une statue aux « Offices » que j’aime cajoler des yeux à chaque séjour en Toscane. Elle me console de n’avoir conservé de lui la moindre photographie, la moindre trace, si ce n’est celle que garde, faillible, ma mémoire. Il se peut que j’idéalise cet amant de jeunesse, qu'importe !
Son « double » est un Apollon « de l'Omphalos », de marbre pentélique, copie romaine d’un bronze grec datant du quatrième siècle avant Jésus-Christ.
Le dieu pétrifié a d’Angelo la corpulence, la taille, la puissante musculature, sèche,  sans excès.
Je m’assieds sur la banquette en vis-à-vis et contemple mon Ange statufié, éternel. J’ai rêvé, l'autre nuit, que les « Uffizi » s’étaient vidés de ces cohortes de touristes pressés et bruyants qui s’y pressent en toute saison. Je marchais, seul, dans la galerie, jusqu’à l’objet de ma passion. Je pouvais oser enfin l’approcher, je le caressais, le couvrais de baisers. Au moment où je tentais de l’étreindre, Ange-Apollon se désintégrait soudain en innombrables particules, poussière, suie, cendres, je ne sais.
Je me suis réveillé pantelant, moite, extasié encore.
Heureux de t'avoir retrouvé.

© Silvano Mangana | Gay Cultes 2014
Texte déposé à la SACD sous le n° 000085276 sous nom d'auteur Paul-Louis Arjaillès

Il est une statue aux « Offices » que j’aime cajoler des yeux à chaque séjour en Toscane.

Sur Tombe, Victor !


Boy on wall (huile sur lin) Jonathan Wateridge
Tombe, Victor ! va maintenant vivre sa vie. Ce petit roman sincère issu d'un cahier retrouvé sera publié sous une forme ou sous une autre.
Pour l'heure, il est entre les mains des éditeurs. Redoutant une "placardisation" dans les rayons LGBT, je souhaiterais qu'il soit lu par un large public : les jeunes gens "hétérosexuels" qui ont pu lire le manuscrit ont pleinement adhéré à cette histoire malgré les clivages de notre époque.
Je tiens à remercier vivement les fidèles de ce blog qui m'ont aidé dans l'écriture au fil des semaines, par leurs commentaires.
J'ai reçu, en outre, des messages sur ma boîte à lettres électroniques : l'un de leurs auteurs, tout particulièrement, a droit à mon immense gratitude.
A la lecture de l'un de ses courriels, je me suis dit : "Ne serait-ce que pour un seul lecteur, je dois le terminer" et, comme par magie, alors que j'étais "en panne", les pièces du "puzzle" se sont assemblées.
Les commentaires d'une lectrice, Marie, m'ont beaucoup touché : ils démontrent que l'Amour est universel.
Enfin, je remercie mes plus proches amis, B., E., F., et G., peu soupçonnables de complaisance, qui m'ont également encouragé (ils ont lu le récit fini) à imprimer et envoyer : je leur dois une énergie de jeune homme que j'avais pu croire éteinte.
Peu importe la suite, finalement : Tombe, Victor ! m'a rendu heureux.


dimanche 24 août 2014

Bisous sur les joues...

- Ne riez pas, cette photo me rappelle quelqu'un ! -
À demain !

Il va bien falloir rentrer

Port préservé au Cap d'Antibes
Je rentre ce soir à Paris. 
J'espère que vous êtes venus voir les quelques images que j'avais programmées.
J'aurai peut-être (si je n'ai pas été trop perturbé par les "gamins") des photos acceptables de ce séjour toscan à partager.
Demain matin, c'est un Tombe, Victor ! tout particulier que vous trouverez ici : la fin (il en faut une) et quelques confidences en cadeau-bonus.

S.

Non, ce n'est pas en Italie,


mais ça ressemble fort à la Grande Mosquée de Paris : qu'en pensez-vous, petits parigots ?
J'aime bien y faire halte pour boire un thé à la menthe et arrondir mon ventre (les pâtisseries !).

samedi 23 août 2014