Le blog quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana. Maison de confiance depuis 2007.


dimanche 19 avril 2015

Gentil damoiseau


"Le banquet d'Auteuil" : parisiens chanceux ou visiteurs, allez-y, mais vite !

Félix Beaupérin : une beauté à faire chavirer...
Je m'étais fait écho, il y a peu de temps, de la controverse opposant, dans l'Obs, le dramaturge Jean-Marie Besset et l'historien de la littérature Georges Forestier (ici, très exactement : clic ! ).
L'auteur, dans son Banquet d'Auteuil (créé à Montpellier l'an dernier) prend le parti d'homosensualiser notre Molière national (Jean-Baptiste Marcenac, excellent), lequel, délaissé par son Armande d'épouse, se prend de passion pour le jeune comédien Michel Baron, incarné ici par Félix
Beaupérin, un comédien hors du commun qui cumule toutes les qualités : une beauté à faire chavirer gentes dames et beaux messieurs (en hommage de l'auteur, sa nudité décomplexée est loin de nuire au tableau !), une diction parfaite, un vrai talent d'acteur qui lui promet de beaux lendemains, un charme, un charisme, un allant... n'en jetons plus ou alors par brassées : toutes et tous, sans doute, dans la salle, le regardons avec les yeux de Molière, a-mou-reux !
Et personne ne démérite dans une très intelligente distribution où, s'il faut, dans l'air du temps, trouver quelque peu à critiquer, seul Quentin Moriot (Osmane) ne parvient jamais à s'impliquer vraiment.
Tous les autres (10 comédiens sur scène) sont brillants que je ne peux tous citer, retenant particulièrement un Frédéric Quiring qui interprète Jean-Baptiste Lully avec une distance très... moderne, oui, un homme de pouvoir qui régna sur la musique de la cour du roi-soleil, ne dédaignant pas intrigues et magouilles en politique digne de Machiavel (lisez ou relisez l'excellent Baptiste de Vincent Borel chez Sabine Wespieser Éditeur), Maître adulé, flagorné, qui, lui aussi, comme les autres protagonistes, tombe sous le charme dévastateur du jeune Baron.
Tous ces personnages sont réunis pour un banquet suivi d'une "party" chez Poquelin dit Molière, à Auteuil, dégénérant en beuverie désinhibante propice aux règlements de comptes, sous la houlette... du spectre de Cyrano de Bergerac.
Baron et Molière
 Car la pièce de Jean-Marie Besset ne se prive d'aucune fantaisie, en délire savant plus profond qu'il n'y paraît de prime abord.
Deux heures de spectacle qui passent comme par enchantement, car la mise en scène de Régis de Martrin-Donos ne faiblit jamais, que la mise-en-lumière est bien pensée, que la musique originale de Jean-Pierre Stora est excellente, dont je retiens, entre autres, une étrange pièce de clavecin, très "dance music", clin d’œil amusant et très bien venu.
Peut-être est-ce dû à un samedi de départs en vacances de printemps, mais j'ai été surpris de constater que la salle du Théâtre 14 ne soit occupée qu'aux deux-tiers.
Parisiens, gent provinciale de passage, avis à la population : il ne reste que 6 représentations, dont la dernière samedi prochain 25 avril à 20h30 !
Aux prix de places proposés par les vendeurs en ligne, vous vous ferez un très beau cadeau.
Silvano

Que ne ferais-je pas pour vous inciter à vous y précipiter !

Au Théâtre 14, 20 avenue Marc Sangnier Paris XIV (évidemment !)
Métro porte de Vanves - Bus 58 et 95 - Tram T3

Texte de la pièce aux éditions H&O

À se damner !



Cadeau : un Maître indispensable


Nicola Porpora n'a pas seulement écrit pour les castrats (il fut le professeur du célèbre Farinelli et enseigna le chant à Caffarelli qui prit le nom de Porporino* en hommage à son maître).
Il a laissé une très belle œuvre instrumentale qui eut une influence notable sur Joseph Haydn, lequel fut également un élève, à Vienne, de ce grand musicien et pédagogue qu'on ne célèbrera jamais assez.
J'aimerais vous faire partager l'émotion que me procure cet admirable concerto pour violoncelle en Sol M,dont le magnifique Adagio en ouverture, interprété ici par l'ensemble 415 ; je ne saurais que trop vous conseiller le très beau coffret "Concerti Napoletani" (chez Zig-Zag Territoires).

* À lire sans modération, le beau roman Porporino ou les mystères de Naples de Dominique Fernandez, Prix Médicis 1974 (Grasset).

Et puis tiens, un bonus, parce que c'est dimanche et que vous le valez bien !

GIF: Bill Domonkos, 2015 (Photo: Tyne & Wear Archives & Museums, 1928)

samedi 18 avril 2015

La belle vie (2)


Elia Cometti par Marco Falceta

Tenez bon !

La France « reste sur sa proposition », concernant le choix de son ambassadeur auprès du Vatican a affirmé mercredi le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll alors qu'un bras de fer feutré est engagé entre Paris et le Saint-Siège.
« La France a fait un choix d'avoir un ambassadeur auprès du Vatican. Ce choix s'est porté sur Laurent Stefanini et cela reste la proposition de la France », a déclaré Stéphane Le Foll interrogé lors du compte rendu du conseil des ministres, alors que l'homosexualité du diplomate est évoquée par les médias comme cause du blocage.
(Via l'excellent Fugues )

Reviens : tout est pardonné...

et
il fait
beaucoup
moins froid,
je t'assure !

Matous vénitiens


Je parlais récemment des gentils félins qui accueillent les visiteurs de la librairie L'Acqua Alta de Venise.
Ma préférence va au noiraud, assez mécontent, ici, de la mise en valeur d'un calendrier... romain.



J'éprouve une véritable fascination pour les chats, malgré mon peu d'intérêt pour les vidéos de chatons qui pullulent sur YouTube.
Qu'y a-t-il de plus attendrissant qu'un joli minet ?

vendredi 17 avril 2015

La belle vie (1)



Silvana Mangano avait du chien

Silvana Mangano sul set del film collettivo Le streghe (1967) - Episodio Una sera come le altre, di Vittorio De Sica.
Foto di Chiara Samugheo. 


Je ne lui ai jamais tenu rigueur d'avoir déformé mes nom et prénom pour briller au fronton des salles de cinéma. 
Mes amis vous le diront : la ressemblance est frappante (aïe !).

Revendicatif

Chiche ?

jeudi 16 avril 2015

Jeu de plage


Oh, le bel hélicoptère !

Cadeau : Strauss | Schwarzkopf/Szell | Crépusculaire et bouleversant



Elisabeth Schwarzkopf chante "Im Abendrot", l'un des Vier letzte Lieder
de Richard Strauss (1864-1949)
Concertgebouw Orchestra Amsterdam
George Szell, direction
Enregistrement : Concertgebouw Amsterdam, 19.VI.1964

Au plus haut des cieux

Timofej Andrijashenko
Corpo di Ballo del Teatro alla Scala

mercredi 15 avril 2015

Les amants rassasiés


Encore un peu de Iasonas

Les photos de l'accorte Iasonas Laios en slip français, publiées récemment, vous ont apparemment beaucoup plu.
Cadeau :

Iasonas Laios photographié par Nicolas Aristidou
Sans donner dans la grivoiserie, avouons que le fabricant a judicieusement placé la Manche.

"C'est qu't'es pas pédé, alors !"



Du poil sous les roses est un film d'Agnès Obadia et Jean Chervier sorti (si peu...) en 2002. Le regard porté sur l'adolescence et la découverte de soi est très juste, même si l'ensemble est quelque peu confus. Mais n'est-ce-pas l'âge de la confusion ?
On peut le trouver en DVD.


Terrrible !

Nikolaï Tcherkassov - Ivan le Terrible 1945
Dans le film du même nom, le tsar Ivan, dit Ivan le Terrible observe le peuple venant le supplier de sortir de sa retraite.
Ivan le Terrible est un film de SM Eisenstein, lequel, tourmenté toute sa vie durant par une homosexualité restée latente, éprouvait pour l'immense acteur Nikolaï Tcherkassov des sentiments peu... orthodoxes.

Le 1er mai 2013, j'ai publié un billet sur le sujet, par le biais du sublime Alexandre Nevski. Assorti, qui plus est, de commentaires très intéressants (que devient Pierre ?).
C'est ici : cliquer

Facilement traduisible


mardi 14 avril 2015

Messieurs sans gêne à Sans-Souci

Edgar & Stefan à Sans Souci - Photo Manuel Moncayo 2015
Le palais de Sans Souci ou Sanssouci fut la résidence d'été de Frédéric II le Grand.
Il est situé à Potsdam, province du Brandebourg, à une trentaine de kilomètres de Berlin.
Allons tous y faire bronzette cet été, ça fera un sacré ramdam* !

*ramdam = buzz

Vue d'avion - Dans ce cas, on peut dire "en ce moment, je suis sur sans-Souci".

Oh oui, bâtissons des châteaux en Espagne !

Une certaine idée du bonheur

Un garçon,
un livre,
un chat.
J'aimerais tout cela, chez moi, maintenant, dans ma petite chambre.
La lumière des premières heures du jour y est douce, favorable aux instants paisibles qu'il me faut.

Barthes

Suis-je amoureux ? - Oui, puisque j'attends. L'autre, lui, n'attend jamais. Parfois, je veux jouer à celui qui n'attend pas ; j'essaye de m'occuper ailleurs, d'arriver en retard ; mais, à ce jeu, je perds toujours : quoi que je fasse, je me retrouve désœuvré, exact, voire en avance. L'identité fatale de l'amoureux n'est rien d'autre que : je suis celui qui attend
—  Roland Barthes, Fragments d’un discours amoureux
Sam Alexander par Cecilie Harris

lundi 13 avril 2015

Vive le travail maNUel ! (Publié en 2008*)

video
C'est le moment idéal pour un grand nettoyage de printemps et des travaux de rénovation.
Juste un reproche à ce charmant jeune homme-à-tout-faire : il est hors de question de se débarrasser de résidus chimiques via les canalisations.

 * Une exclusivité, finalement : la vidéo n'est plus visible sur YouTube.
La copie n'est pas de qualité HD, loin de là, mais l'intérêt scientifique permettra de faire l'impasse sur cet inconvénient.

Savoir voir





Ce jeune homme lit un livre de référence pour toute une génération d'artistes et de graphistes (titre français quelque peu incongru).
Si l'ouvrage intéresse ce type de lecteur, je vais aller traîner plus souvent du côté des Arts Déco'.

Pierre Jamet, "une autre rétrospective"

Le footballeur - Belle-Ile-en-Mer 1938

La partie d'échecs 1961
La rose et l'oiseau 1938

Lévitation - Belle-Ile-en-Mer 1937

Jusqu'au 12 mai, Pierre Jamet, une autre rétrospective, à la galerie David Guiraud, 5, rue du Perche, 75003 Paris.

Je lis, donc je suis


dimanche 12 avril 2015

Qui veut jouer avec moi ?


Cette image est extraite d'un film :
qui est-ce ?
de quel film s'agit-il ?

Note du 13 avril : la réponse se trouve désormais dans les commentaires.

Je vous souhaite un très beau dimanche !
            Silvano.

Cadeau : si Hendrix avait été violoncelliste à Venise



Jouant ici en toute décontraction au cours d'une répétition, l'ensemble Instrumenti Veneziani se produit chaque soir dans l'église San Vidal, près du pont de l'Accademia de Venise.
Au vu des affiches, on pense tout d'abord à un piège à touristes.
Que nenni : il vous suffira d'éviter les soirées consacrées aux Quatre saisons que vous n'avez que trop entendues, n'est-ce-pas ?
Les autres soirs, il y a moins de monde (c'est appréciable pour être bien placé), et les programmes sont un peu plus pointus.
Avec un peu de chance, vous entendrez le violoncelliste Davide Amadio (ci-dessus), habité.
Le restaurant sur le Campo San Stefano, juste à côté, vous servira après le concert. Ne vous trompez pas, c'est celui dont le maître d'hôtel, très volubile (et très gracieux...) arbore une jolie cravate rose.
Si vous avez la cote, en fin de repas, il disposera sur votre table une bouteille de limoncello maison : attention, c'est traître !

"54" : résurrection en mode "bi"



Une version très différente du film de Mark Christopher a été présentée au dernier festival de Berlin. Les scènes "gay" trop explicites avaient été écartées du montage par le producteur Harvey Weinstein qui a voulu en faire un film "pour ados".
On doute, cependant, d'une nouvelle sortie au cinéma : le film sera visible en vidéo à la demande, uniquement sur le territoire américain. Avis aux distributeurs et aux éditeurs de DVD.

Cette scène - coupée en 98 - se termine par un baiser


Merci !

Grâce à vos dons via Paypal, Gay Cultes vient d'emménager dans ses nouveaux locaux*.
Merci à tous.

* J'aurais dû publier ça le 1er avril.
Cela dit, si le cœur vous en dit... (colonne de droite, en haut)