Le blog quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana. Maison de confiance depuis 2007.


jeudi 27 août 2015

Bisous sur les joues


Un peu renfrogné, ce bel ange ; belle chemise.

Naples et Campanie : un autre regard


PG pour Gay cultes
J'insère à partir d'aujourd'hui des photos prises par l'un de mes deux compagnons de voyage en Campanie. Nous n'avons pas le même regard ni les mêmes désirs photographiques, c'est tout naturel. Il est intéressant d'avoir le point de vue de P., qui devient, du fait, collaborateur occasionnel de Gay Cultes.

Napoli telle qu'en elle-même - PG pour Gay Cultes

Sauvagement planant



Sigur Rós: Dauðalogn, un film de Ruslan Fedotow
Suggestion d'Eric D.
Un peu noir ; superbe.

mercredi 26 août 2015

Verba volant, scripta manent

Photo de James Ferringer

Les anciens disaient "Les paroles s'envolent, les écrits restent", c'était d'autant plus vrai qu'ils écrivaient sur du marbre.
Philippe Geluck

Nanar sublime


Féru de cinématographe, je déteste néanmoins l'estampille "cinéphile" que d'aucuns voudraient m'accoler. C'est le cinéma dans tous ses avatars que je chéris. Si les "chefs-d’œuvre" dûment certifiés ont ma faveur, mon cabinet secret recèle sa part de navets que je ne crains pas de qualifier de sublimes. Ainsi de The Roman Spring of Mrs. Stone (Le visage du plaisir, titre français ridicule pour attirer le chaland) avec Warren Beatty incarne le gigolo de Vivien Leigh dans une Rome de carte postale (j'essaierai de retrouver le billet que je consacrai à ce film).
Par une heureuse coïncidence, encore enivré de mon séjour napolitain, je découvris, l'autre soir, sur une chaîne dédié au 7è art, un film intitulé C'est arrivé à Naples, étrange production américaine de 1960 tournée sur les lieux-même, avec un Clark Gable en fin de parcours, peu impliqué, mais, en partenaire, une Sophia Loren volubile, drôle, belle, un Vittorio De Sica qui a toujours symbolisé à mes yeux la "classe" italienne et un gamin... parfois insupportable.
Si l'intrigue est quelque peu invraisemblable, et l'histoire d'amour entre un Gable qui n'est plus que l'ombre de lui-même et une Loren à l'apogée de sa beauté plus qu'improbable, le film permet de se faire une idée de ce que fut Capri à la fin des années 50 (malgré le titre, l'essentiel de l'intrigue s'y déroule), et de constater que Naples, elle, n'a guère changé, ce qui fait tout son charme d'ailleurs.
Sophia, Reine de Naples
Au scénario, on a pris soin d'embaucher la grande Suso Cecchi D'Amico (1914/2010), qui signa les films les plus célèbres du cinéma italien d'avant la dégringolade, du Voleur de bicyclette de De Sica au Guépard de Visconti, au milieu d'une filmographie impressionnante où il n'y a pas grand chose à jeter*.
Conjonction de ses défauts et qualités, le film permet de passer un sacré bon moment. La chaîne s'appelle TCM et on peut le revoir pendant quelque temps, pour peu d'être abonné, ce qui, pour un amoureux du cinéma s'avère indispensable par ces temps de médiocrité télévisuelle.

Synopsis (accrochez-vous !) :
Michael Hamilton , un avocat de Philadelphie, arrive à Naples quelques jours avant son mariage pour régler la succession de son frère Joseph avec un juriste italien Vitalli . À Naples, Michael découvre que son frère a un fils de neuf ans, Nando, qui est élevé par sa tante maternelle Lucia, une chanteuse de cabaret. Joseph n’a pas épousé la mère de Nando mais ils se sont tous les deux noyés lors d’un accident de bateau. La femme légitime de Joseph qu’il a quittée en 1950 vit à Philadelphie. Après avoir vu Nando distribuer des photos légères de Lucia, Michael veut inscrire son neveu à l’école américaine de Rome mais Lucia gagne la garde de l’enfant. Malgré la différence d’âge, une romance éclot entre Michael et Lucia et il décide de rester en Italie.

Un formidable extrait oppose les habitants d'une Capri qui n'existe plus, au riche américain : "Tout ce que vous voulez, c'est le pétrole !".
Qui a dit que les temps changent ?



Enfin, la Loren chante, dans le cabaret qui l'emploie (en filigrane, on nous fait comprendre qu'elle arrondit autrement ses fins de mois !), cet Americano à déguster sans modération :



* L'incroyable filmographie de Suso Cecchi D'Amico, ici : clic



La caduta degli dei

Les damnés - Luchino Visconti 1969 - Photo de tournage

mardi 25 août 2015

Pas nus, mais...




Fascination

Laissez
vagabonder
votre imagination.

Major d'hommes


Dans sa dernière livraison, L'Obs consacre un dossier aux "employés de maison", autrefois "gens de maison", ou encore avant, tout simplement, "domestiques".
Ce qui paraît obsolète au citoyen "ordinaire" ne l'est pas pour les personnalités fortunées, qui ont à leur disposition, jour et nuit, des serviteurs souvent taillables et corvéables à merci. N'est-ce-pas Liliane ?
Les domestiques de Downton Abbey
Évoquant le sujet, on pense bien sûr à l'excellente série britannique Downton Abbey qui narre, au fil des évènements qui secouèrent la planète dans la première moitié du siècle précédent, les rapports entre une "grande" famille et sa domesticité.
Très loin des conventions du genre, je me suis plu à imaginer que, par un coup de baguette magique, le garçon de la photo d'en-tête venait d'entrer à mon service, et que je le formais : "Archibald, pour la tenue vestimentaire, c'est parfait, mais votre pouce gauche, voyons ! Vous serez puni, Archibald !"

Naples secrète


Tout est fait, à Naples, pour intriguer le promeneur curieux qui ne veut se contenter des visites obligées édictées par les guides touristiques.
Arrêtez-vous un instant pour découvrir une "piazzetta" déserte où trône un édifice oublié de l'homme (église désaffectée, peut-être), où une boutique (fermée) semble dédiée au cinéma (posters de Toto, l'idole comique napolitaine, de Sophia Loren ou de la grande Anna Magnani). On n'en saura pas plus. C'est suffisant, toutefois, pour rêver.

Pied-de-nez

La photo de cette équipe de base-ball d'Orlando date des années 30-40.
Les deux garçons du premier rang à gauche rendent la photo un peu moins officielle.

lundi 24 août 2015

Lire en toi comme dans un livre

Blue collar fantasy par Arthur Tress - New York  1979

Garçon lisant

De plus,
j'aime beaucoup
les cardigans.

Ma vie est super-intéressante !

Primate, siècle XXI - Autoportrait - Domaine public
De mes séjours en Italie, je retiens, cette année, la montée en puissance de la "perche-à-selfie", nouveau gadget en vogue, que l'on peut se procurer, à Naples, par exemple, à chaque coin de rue, vendue par le tout-venant des vendeurs "à la sauvette".
France Inter, la semaine dernière, consacrait une émission à la mode des "selfie", symbole récurrent d'un exhibo-narcissime qui s'étale avec auto-complaisance sur les réseaux sociaux ; émission que l'on peut réécouter ici : clic
Les progrès technologiques ont fait de nos téléphones de puissants appareils-photos qui mettent la pratique de cet art à la portée de tout un chacun. Las, et bien évidemment, l'homo-sapiens n'aime rien tant que casser ses jouets, détournant cette formidable opportunité de "faire du beau" ; il en fait donc un usage frénétique et irraisonné, scotché à l'objectif comme je pus le constater récemment : au Musée National de Capodimonte (indispensable visite à Naples), l'autre jour, nous fumes prévenus que les salles du deuxième étage ne seraient ouvertes au public que pour un laps de temps restreint, dû sans doute, même si non avoué, au manque de personnel.
C'est à ce niveau que sont visibles les plus belles œuvres du musée, dont la célèbre Flagellation du Christ du Caravage.
Vite, une photo !
Rendez-vous était donné près du grand escalier, où, à l'heure dite, se coagulait la foule des visiteurs. Je fus frappé de constater que nombre d'entre eux pénétrait dans la première salle l’œil rivé à l'objectif de leur "smartphone" ou de leur tablette (je ris, à chaque fois, du recul évident de la miniaturisation !).
Il est amusant - attristant, plutôt !  - de penser que certains ne virent les chefs-d’œuvre que par l’œilleton de leur précieux doudou, quand tout, en ces lieux, incite à la contemplation.
Ne jetons pas, pour autant, le bébé avec l'eau du bain : si je trouve quelque peu dérisoire de photographier des merveilles que l'on peut trouver aisément reproduites sur le Net, dans toute leur splendeur, saisies par des objectifs professionnels - si ce n'est pour, on peut le comprendre, dire "j'y étais, je l'ai vu de mes yeux" - je reconnais que, piètre photographe, le numérique me donne l'occasion de graver mes souvenirs de voyages, et, ainsi, d'alimenter cette chronique. 

Photo "officielle" (Museo Nazionale di Capodimonte) - Peut-on faire mieux ?

"Les enfants du diable"



Ces enfants-là ne révisent pas leurs leçons "en chantant", écoutez !

dimanche 23 août 2015

Il ne faut jamais dire...

"fontaine,
je ne boirai
pas de ton eau."


Baptism Blues from Sarp Yavuz on Vimeo.

Incorrigible, je commence ce billet par un trait d'humour.
Mais le film court de Sarp Yavuz exprime l'insoutenable tension des désirs inavoués.
Quelques images qui disent beaucoup de l'indicible.

Revoilà* Vladimir

La publication, il y a peu, de la photo intitulée "Un chapeau de paille d'Italie" a suscité un véritable engouement.
De plus, trois d'entre vous m'ont aidé à la créditer et m'ont envoyé des photos du jeune et joli Vladimir Averyano.
Florilège :



Chaleur communicative

*Je n'ai pas osé écrire "Rev'la Vladimir".

Bon dimanche !

Silvano et ses anges diaboliques à Amalfi

Amalfi, le Duomo - Photo Silvano Mangana

X : encore un duomo ? (il scinde en "doux homo")
Moi : c'est mieux qu'un rude hétéro.
X : c'est dans le 20ème, non ?
Moi : ???? Quoi donc ?
X : ben, la rue des Terreaux.
Je m'esclaffe
Y : c'est pas drôle du tout.

Départagez-nous.

Cadeau : on adore Fazil, et Saint-Saëns aussi !




J'ai beaucoup d'affection et d'admiration pour Fazil Say, ce pianiste turc qui a eu bien des ennuis dans son pays, car il est u partisan acharné de la laïcité et des droits de l'homme en général.
L'autre après-midi, il m'a privé d'une sieste réparatrice : Mezzo (une chaîne de télévision dédiée à la musique classique et au jazz) diffusait un concert de musique vivante (appelé également "live") enregistré à la Philharmonie de Paris avec l'Orchestre National de France (le même que ci-dessus). Fazil Say y interprétait la (rebattue) Rapsody in Blue de Gershwin.
La vitalité, la sensibilité, l'exceptionnelle technique, dont faisait preuve le pianiste, eurent raison de ma réticence à entendre une fois de plus cette pièce célébrissime : le pianiste la rafraîchissait avec bonheur, démontrant qu'elle était un chef-d’œuvre absolu, la fusion jamais égalée entre classique et jazz.

Prenez donc une demi-heure de cette matinée de dimanche pour écouter ce 2è Concerto de Saint-Saëns, illuminé par ce pianiste d'exception, soutenu ici par une formation (dirigée par Kristian Järvi) dont on peu, sans chauvinisme, s'enorgueillir.
Écoutez aussi le "bis", composition du pianiste, qui rend hommage à son pays d'origine.
Bon concert !

Maintenant...

tu
as
toute
ta place
dans ma cuisine.

samedi 22 août 2015

Nu sylvestre



Impressions napolitaines

Je ne peux résister au plaisir de "coller" ici le très beau texte de Pierre, lecteur assidu, en commentaire de l'un des billets publiés sur mon séjour à Naples.
Ce texte rejoint pleinement mes impressions napolitaines :

" On peut comprendre que cette ville hors normes à tant de points de vues puisse répugner à certains et en étourdir d'autres. C'est une question d'état d'esprit.
J'ai eu le profond plaisir de m'y promener aussi, seul, un peu partout, tous les sens en alerte, pour en prendre au maximum, de sensations. J'ai été gâté, et m'y suis senti vivant avec une intensité rare.
C'est le cas quand on adopte une position d'esthète : non pas en n'étant sensible qu'à la beauté frappante, mais en percevant ce qu'il y a de beau en tout, même quand (parfois) ça pue ou que c'est sale.
La vie, la liberté, l'instant. "


Ici, on accède au ciel
Un pianiste et pédagogue connu écrivait, lui, en commentaire sur mon journal facebook ces quelques mots dans le même esprit :
"J'en suis un inconditionnel c'est une question d'hygiène psychique ou plus simplement de besoin de rêver ..."

À l'appui de ces lignes, ces photos prise dans la Sanità, quartier "populaire" où l'on ne croise, à peu d'exceptions, que les vrais napolitains.
Pas très chromo, certes, mais voilà : ici, on accède au ciel.


À Naples, comme en Sicile (voir mon escapade à Catania, en juillet), tags à profusion et édifices baroques non entretenus.
Quand ils le sont, exceptionnellement, je ne suis pas sûr de préférer le "ravalé" à celui qui finit tant bien que mal son existence.
Voyez plutôt :


 Même époque, même architecture ; contraste.




Des tags partout, même sur les pierres du port.
J'ai envie de dire : et alors ?


Celui-là est partout chez lui en Italie.
Mais il fut un excellent agent touristique.
D'où la gratitude éternelle :


Capelli :

Dernière considération, sur les "ragazzi", cette fois : comme en Sicile, les garçons de Naples, tous "tiffosi" (supporteurs de leur équipe de football) arborent ces coupes de cheveux dont seul un physique exceptionnel peut atténuer le grotesque. Ce fut le cas pour certains de ceux que j'ai photographiés se baignant à quelques encablures du port (voir billets de la semaine), l'eau de mer ayant un effet correcteur sur leur apparence capillaire, il faut le constater !
Ici aussi fleurissent les tatouages et l'on se sent vraiment "un étranger" si, comme moi, notre épiderme est vierge de toute atteinte picturale.
En revanche (en consolation ?), on pourra constater qu'en Campanie, la mode du port de la barbe n'a fait que peu d'émules.
C'est déjà ça.

Cadeau : voix célestes et petit jeu


J'aime beaucoup cette version du Miserere d'Allegri par cet ensemble - jusqu'alors inconnu de moi - nommé Boys Air Choir.
Direction : Connor Burrowes.

Mais, bon sang, dans lequel de nos "films cultes" avons-nous entendu cette œuvre ?

Il gatto rosso de Capri


Ce matou, pas du tout matou-vu cependant, se prélassait dans cette montée vers le Saut de Tibère à Capri, indifférent au va-et-vient des touristes, sourd au bruit de moteur des petits véhicules qui permettent aux livreurs et aux employés de la commune de faire leur travail sur les chemins escarpés de l'île bleue.
Malgré la beauté du site, je préfère personnellement Procida et Ischia : en France, on a déjà St Tropez...

vendredi 21 août 2015

Dure réalité


On comprend la mine dépitée de ce jeune homme. Le miroir est impitoyable : quand on est vilain de la tête aux pieds, la glace vous assène l'horrible vérité.
Ce n'est heureusement pas mon cas.

Grandes longueurs et idées reçues

 
Il 
paraît
que 
les 
grands
sont 
plus
gentils
que
les
autres

...

 À
vérifier.
Ah, surprendre un jeune faon au hasard d'une promenade estivale...

Ischia, Sant'angelo


La prochaine fois, je me suis juré de séjourner à Ischia, la "grande" île, où Luchino Visconti possédait une grande et belle demeure dont j'ai publié plusieurs photographies dans ces pages.
Beaucoup moins "bling-bling" que Capri, Ischia est nettement plus contrastée.
Plus authentique aussi ; même si les bateaux, sur cette photo, ne sont pas des barques de pêcheurs.

Vertiges à Napoli


Si vous êtes allés à Naples en voyage aérien, vous aurez eu, sans doute, la surprise de la descente sur l'aéroport.
L'aéroplane rase la cité : si, comme nous, vous arrivez en toute fin d'un belle après-midi d'août, quand la cité prend des teintes dorées, c'est proprement impressionnant.
Ces deux photographies ont été prises un matin dans le parc qui jouxte le musée de Capodimonte. Le ciel napolitain, n'est-ce-pas...


jeudi 20 août 2015

L'amour n'attend pas



GC Déco : fin de travaux


Les fidèles visiteurs qui en suivaient le feuilleton seront ravis d'apprendre que la rénovation de ma cuisine est enfin achevée.
Comme ils le constateront sur la photo, j'ai opté pour un blanc immaculé avec une petite touche de brun.

Orages (sans désespoir)

Godewaersvelde, village du Pays Cœur de Flandre, dans le Nord de la France, le 13 août. (AFP PHOTO/PHILIPPE HUGUEN)

Les orages d'été n'épargnent aucune région.
À Naples, nous reçûmes l'orage et la pluie comme une bénédiction : le plus aguerri d'entre nous avait concédé qu'il souffrait de la chaleur ; que dire de votre serviteur qui n'aime rien tant que les soleils tempérés...
Las, après la pluie revint une moite chaleur compensée, néanmoins, par les merveilles que nous offre la Campanie où il faut mériter, pour le moins, de les cueillir.
Après la longue marche sous un Phébus impitoyable, la Méditerranée, à Ischia, est l'heureuse panacée, la récompense de tous les efforts.
Je ne suis guère "baignades", malgré les longues années passées sur la Riviera où la plage n'était guère dans mes habitudes.
Là, galvanisé par l'énergie de mes jeunes camarades d'escapades, je ne me fis pas prier. 

" Silvano, rejoins-nous !"