Le blog quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana. Maison de confiance depuis 2007.


jeudi 31 janvier 2008

Les témoins





A l'aube des années 80, bien avant que le Marais ne devienne un "village gay", les homos parisiens dansent au "7" ou au "Colony" de la rue Sainte Anne, vont au "Gay Tea Dance" du "Palace" de Fabrice Emaer, lisent "Gay Pied", draguent aux Buttes Chaumont ou au "Troca", s'encanaillent au "Rocambole".
Il y a encore un "drugstore" à Saint Germain des Près, devant lequel tapinent des "minets" transis entre deux chocolats chauds au "Flore".
On sue au "Continental Opéra" et on va voir des films de cul au "Dragon" ou dans ce cinéma glauque de la rue Vivienne dont le nom m'échappe.
On a bien lu quelques articles sensationnels sur ce "cancer gay" qui vient d'éclore là bas, loin, en Amérique.
On ignore que, déjà, le mal a franchi l'Atlantique et que l'on va assister à une véritable hécatombe dans le "milieu".
Manu, le personnage central des "Témoins" d'André Téchiné (2007), garçon jeune à la candeur troublante, sera l'une des premières victimes du virus assassin.
Sans jamais tomber dans le pathos, Téchiné nous donne un film lumineux où le jeune Johan Libéreau nous incendie, entouré d'un Michel Blanc, d'un Sami Bouajila et d'une Emmanuelle Béart à leur meilleur.
A aucun moment le propos ne devient moralisateur : il réveille simplement le souvenir et nous rappelle indiciblement que le mal rôde toujours.

Encore des "chansons"


Je retrouve au fond du disque dur ces quelques mots parus dans Libération lors de la présentation, à Cannes, des Chansons d'amour :

A la grâce d'Honoré
par Michèle Halberstadt

Il y a des matins comme aujourd'hui où on se souvient d'un coup pourquoi chaque année on revient à Cannes, entêtée (j'y crois encore!) et désabusée (c'est plus comme c'était)... C'est pour vivre des instants comme ce matin, pour ce plaisir d'ouvrir les yeux, à 8 heures et demie dans une salle obscure, devant un film enchanté, fait de grâce, d'élégance, de pudeur légère, de gravité douce, de cœur brisé discret. «Chansons d'amour», le film de Christophe Honoré, est une merveilleuse déclaration à la vie, à ceux qui nous manquent, à ceux qui sont là et qu'on voit à peine, à cette adolescence qu'on ne voudrait pas perdre, à l'âge adulte qui nous tombe dessus sans prévenir, à ce qu'on a été ce qu'on voudrait etre, ce qu'on est malgré tout. Demy et Truffaut peuvent rêver en paix. L'enfant sauvage de Nantes tient le flambeau avec cœur et panache.

Frédéric Bazille (1841-1870)

Autoportrait

Paul Verlaine en 1868




Originaire de Montpellier, Frédéric Bazille, peintre impressionniste fauché à 29 ans lors de la guerre de 1870 aborda la peinture après des études de médecine de convenance et fit partie d'une "bande" où se côtoyaient Manet, Degas, Sisley et Pissaro mais aussi Zola et Verlaine.
Il expose en 1864 au salon de peinture de Paris, mais c'est quatre ans après sa mort, en 1874, que sera vraiment révélé son talent lors de la première exposition des "impressionnistes".
Nous ne préjugerons pas de ses goûts, mais certaines de ses oeuvres nous parlent agréablement...

Peau neuve

Gay Cultes est de plus en plus consulté, non seulement en France mais dans toute l'Europe.
Nous lisent fréquemment des francophiles des autres continents.
N'hésitez pas à commenter les articles, entre autres pour dire ce que vous pensez de cette nouvelle présentation.
Merci à tous.

lundi 28 janvier 2008

Le Caravage, peintre "maudit".



Retranscription intégrale d'un billet paru sur "gayattitude.com" sous le pseudonyme "badinou".
Visitez son blog : ce garçon a du talent.

DI. - Michelangelo Merisi, Omnia vincit Amor.

Par "badinou"

Une des premières toiles dont je me souvienne est cette toile du Caravage (image 1-ndlr). Dieu sait où j'ai pu la voir en premier - quoi qu'il en soit, la première fois que j'ai eu accès à internet, et que j'ai entravé le fonctionnement du téléchargement d'images (je venais de Lettres, je vous rappelle), c'est la première que j'ai mise en mémoire. Ensuite, ce fut un déferlement de Caravage et de Bacon dans le disque dur. Peu importe, en fait.

Cette huile date de 1602-1603, et a été faite à Rome, à une époque où le Caravage connaissait une courte période de stabilité, protégé qu'il était par le cardinal Del Monte. Epoque rare dans une vie tumultueuse pour un homme adorateur des rixes, de la boisson - et de choses autres, peut-être, mais quel chroniqueur de cette époque en aurait parlé ? Après tout, il vaut mieux rester à l'ambiguïté ; c'est nettement plus intéressant.

Le sujet de la toile est tellement évident que même l'incompétent comme moi le comprend - ou du moins comprend, je pense, l'essentiel de la chose. Car le décor est sobre, sommaire : nous sommes dans une salle fermée, parquettée afin de donner la perspective. Le mur est proche, il est peint de brun, et sa base dispose d'une large plinthe de peinture plus sombre. Tout est fait pour constituer du personnage peint et de ce qui l'accompagne l'unique objet de l'attention.

Il s'agit d'un enfant, ou plutôt d'un primo-adolescent, dotés d'ailes, qui se redresse d'un endroit qu'il quitte ; il se dirige vers nous, sourire en coin, tête penchée. Il est doté d'ailes : c'est un ange ou une figure allégorique. Il porte deux flèches à la main droite, dont l'une porte des pennes rouges, l'autre noires : c'est l'Amour, sous le format Cupidon. Quoi qu'on puisse se demander si la couleur des pennes ne transforme pas ce Cupidon-là, un peu trop mythologique, en Amour chrétien : rouge pour l'amour profane, noir pour l'amour sacré. Ou inversez les couleurs, ça dépend tellement des époques : déjà dans l'Amour sacré et l'amour profane du Titien, lointain maître du Caravage, les spécialistes ne savent jamais trop si la femme nue au drap rouge est l'amour profane ou sacré.

Cet Amour se hisse d'une surface plane, où court un drap blanc : un lit ? Peut-être, pour l'Amour. Mais il a l'air haut, et non loin de la jambe droite de l'enfant, on devine des pieds de bois, en forme d'X : il s'agit d'une table, un peu comme une table de campagne, sur laquelle est soit posé un drap, soit une nappe, dont la blancheur illumine la scène et met en valeur le mordoré un peu jaune de la peau.

L'enfant est entouré d'objets, fréquents dans des représentations classiques de l'époque. Sur la table-lit, on voit une couronne comme en portent les Césars sur les médailles de la Renaissance, et un parchemin roulé : pouvoir du roi qui est un pouvoir judiciaire et législatif. Devant le meuble, on voit des morceaux du thorax d'une armure du type écrevisse, comme celle que l'on voit sur le grand portrait équestre de Charles Quint peint par le Titien - ou comme celle que l'on verra sur Adolf de Vignacourt dans le portrait en pied du Louvre, ainsi que deux feuilles d'une branche de laurier, éclairées par le rai de lumière qui vient d'en haut à gauche et dessine l'Amour sur tout le côté droit : pouvoir militaire.

À droite du pied gauche de l'enfant, on voit une équerre et un compas : symbole de l'architecture, qu'on peut tout aussi prendre comme un indice de la Science et de la Connaissance, que comme un raccourci de l'Univers, qui déjà pour Pythagore était écrit sous forme mathématique, bien avant que Gallilée invente la formule. C'est ce raccourci d'intellectuel qui permet de faire le lien avec la musique (Pythagore, toujours), représentée par le luth, le violon et son archet et la partition pliée au sol : la Musique comme symbole le plus pur de l'Art, car le moins tangible, le plus parfait - tout comme les mathématiques (la géométrie du compas et de l'équerre) chez Pythagore étaient le point extrême de la connaissance. La Science jouxte l'Art, entre en résonance - tout comme les sphères célestes, régies par la géométrie divine, font entendre une musique chez Pythagore.

D'une certaine façon, le corps de l'Amour découpe dans la toile deux univers d'occupation humaines : à sa gauche se tiennent les occupations temporelles (la Législation et la Guerre), à sa droite, les occupations spirituelles (la Science et l'Art). On aura reconnu les thèmes des vanités : les peintres disposaient sur une toile un ensemble d'objet symboles d'activités humaines et de la brièveté et de la fragilité de la vie, en un memento mori ("souviens-toi que tu vas mourir") : savoir, science, richesse, plaisirs, beauté… Les vanités dénoncent la relativité de la connaissance et la vanité du genre humain soumis à la fuite du temps, à la mort. Voilà ce qu'on trouve dans les vanités, et voilà ce qu'on trouve ici. Sauf qu'un crâne n'occupe pas la place centrale pour nous rappeler notre condition de mortel - mais un jeune enfant, et cet enfant est l'Amour. Qui nous sourit, malgré ses deux flèches, qu'il tend et retient en même temps.

Aussi l'Amour écrase-t-il les objets classiques des vanités : la puissance des rois, la force des soldats, la science des savants et les plaisirs de l'art ne lui résistent pas. Déjà ici le Caravage fait scandale : ce n'est pas la mort qui réduit à néant les gloires humaines ! C'est l'Amour ! Si ce message peut prétendre rester proche du message apostolique romain, le réformisme rigoriste du concile de Trente et les derniers ravages de la peste (Venise : 1575, Provence : 1580, Lorraine et Bretagne : 1585-1595, La Rochelle : 1602) étaient suffisamment proches pour inciter à un certain respect des bons vieux canons des vanités. Ce que ne fait pas le Caravage, qui se proclame peindre l'Amour.

Bien sûr, le Caravage peint à une époque où l'on sait son latin. Et ce à quoi va penser le spectateur, aussi sûrement que Montaigne savait citer de mémoire des centaines de vers, c'est à ce vers des Bucoliques, X, 69, de Virgile :

"Omnia vincit amor, nos et cedamus amori."



"L'amour vainc tout, et cédons nous aussi à l'amour" : voilà qui devrait suffire et expliquer le tableau. On est content, et on a même pu citer son Virgile - ce qu'a d'ailleurs fait en 2005 le pape Benoit XVI dans l'encyclique Deus Caritas est (que ne découvre-t-on pas en cherchant une référence). Et cet Amour est un amour qui oublie les plaisirs ou les satisfactions terrestres, et cet amour nous tend les deux flèches du profane et du sacré, pour que nous puissions à travers lui nous élever vers le divin.

Chapitre clos ? Pourtant, avec une telle explication, on a l'impression de n'avoir fait que la moitié du chemin. Non qu'on ait un désir quelconque d'être plus intelligent que la moyenne ; cette simple explication ne satisfait pas un malaise qui s'installe. Qui en fait est installé dès que l'on regarde la toile. L'amour dont il s'agit a-t-il quelque chose à voir avec le profane et le sacré ? Et pourquoi céderions-nous à l'amour ?

Premier malaise : l'Amour ne foule pas les objets qu'il est supposé vaincre. Ce n'est pas la Vierge qui foule la lune et le serpent. Ce n'est pas Saint Georges terrassant le dragon. C'est un enfant dont la jambe se glisse entre les objets, et si le pied ne touche pas tout à fait le sol, il ne le quitte pas (attirance vers le ciel, donc le divin, dirait-on rapidement), il va s'y poser. En effet, sa main droite, cachée, prend appui sur la table derrière lui pour l'aider à se relever. Sa jambe gauche quitte le drap, certes, mais elle repose encore lourdement sur le tissu, sans pour autant renvoyer au diable Vauvert les symboles monarchique. C'est un Amour qui existe entre. Et un Amour qui retourne à la terre - pourtant.

Second malaise : si on regarde les lignes de construction, on remarque qu'elles sont d'un classicisme assuré et pourtant que la toile est toujours au bord de la chute. Première diagonale, en arrière-plan, derrière le personnage : commencée par le parchemin, elle se poursuit dans la ligne de l'archet, est soutenue par la pente du luth et du violon, doublée en écho par une branche du compas. Verticale : le personnage, elle commence au cou de l'Amour, suit son flanc droit et se poursuit dans sa cuisse et sa jambe ; il s'agit d'une colonne de lumière, qui dessine tout le corps et découpe la toile. Seconde diagonale, devant le personnage : plus ambitieuse, elle est constituée de "petites diagonales parallèles", comme des hachures. Elle est constituée des flèches, de l'ombre sur la cuisse de l'Amour, et du jeu de lumière qui relie ces deux éléments. Ôtez cette cuisse massive, présente, presque laide de l'enfant, tout s'écroule : pour moi, cette cuisse sur la table est non seulement une audace du point de vue du goût (la pose est indécente) mais une audace esthétique, ce qui est bien mieux.

Je disais que la pose de l'Amour est indécente (il est jambes écartées, sexe apparent, et nous regarde). Et je parlais des lignes de construction : celles-ci forment un triangle, dont le sexe est le centre. C'est un sexe d'enfant, certes. Mais un sexe éclairé qui est le centre de la construction. Voilà déjà un Amour un peu différent de celui du Pape.

Alors en détaillant la toile s'affirment une foule de détails, au premier abord peu apparents : L'Amour n'a pas un corps parfait, il est même un peu replet, comme si ce n'était pas un idéal qui était peint, mais le premier enfant venu. - L'Amour sourit, alors que les personnages d'inspiration religieuse sourient rarement (on n'était pas encore loin de la dispute sur la capacité du Christ à sourire). - La tête de l'Amour est inclinée comme celle d'Alexandre dans la statuaire classique, dont l'affection pour Roxane était tout aussi forte que celle qu'il portait à Héphaestion et Bagoas. - L'Amour a des cheveux où des boucles sont plus graisseuses que d'autres, tout comme lorsqu'on se réveille. - D'ailleurs, il a des cernes, et son sourire est un mélange d'ironie et de fatigue. - Ses ailes sont froissées, une des rémiges repose sur la cuisse droite, comme si l'enfant avait été dans une position dans laquelle ses ailes auraient été pliées, bousculées autout de son corps et dont il se releve juste. - Les draps sont sales.

L'esprit alors échauffé trouve d'autres choses, plus tordues, plus tentantes encore : l'archet, masculin, est posé de travers sur les deux corps aux formes rondes du violon et du luth. La branche de laurier s'érige hors du trou noir de l'armure. Le parchemin est glissé dans le rond de la couronne. Le compas serre entre ses deux jambes la branche droite de l'équerre. L'autre branche de l'équerre va entrer dans le rond noir de la partition.

Alors je me dis que cette toile à l'ambiguïté inouïe est une magnifique ode à la pédérastie. Quelque chose d'outrancier, d'énorme, pour ne pas dire d'énaurme : Caravage a peint un adolescent qu'il avait rencontré dans la rue, et avec lequel il venait juste de coucher. Sur la table. Et à cet enfant qui n'est pas idéal il a fait un cadeau magnifique : le souvenir d'une toile.

L'amour qui vainc tout serait donc celui des garçons...


Notes de Gay Cultes : on lira avec intérêt, voire avec passion, le roman biographique de Dominique Fernandez "La course à l'abîme" (Le Livre de Poche).
Article publié avec l'aimable autorisation de l'auteur.


Hommage

Audrey Hepburn 1929-1993

samedi 26 janvier 2008

Angélique


Gay Cultes vous souhaite une agréable fin de semaine.





Swimmer
envoyé par russiankokos2

vendredi 25 janvier 2008

Injustice !

Grégoire Leprince-Ringuet


Johan Libéreau


Seulement 3 nominations aux "Césars" pour "Les chansons d'amour" de Christophe Honoré :
Alex Beaupain nommé pour la meilleure musique, Clodilde Hesme ("meilleur espoir féminin") et Grégoire Leprince-Ringuet dans la catégorie "meilleur espoir masculin".
Entre Grégoire et Johan Libéreau ("Les Témoins" d'André Téchiné), le cœur de votre serviteur balance douloureusement.

jeudi 24 janvier 2008

A lire :

Une critique de Jean-Claude Perrier sur le site de l'écrivain :

A Hollywood, histoire d’amour improbable entre un flic et un jeune premier, au beau milieu d’une enquête.
Les deux protagoniste du roman, Jack Bell, la nouvelle star d’Hollywood aux faux airs de James Dean, et le narrateur, un inspecteur de police aussi consciencieux qu’obscur, s’en rendent bien compte : en tombant amoureux l’un de l’autre, en poursuivant leur liaison aussi torride que clandestine alors que l’un est témoin, voire suspect potentiel dans une enquête sur un meurtre censément menée par l’autre, ils ont l’impression de jouer dans un remake gay de Butch Cassidy and Billy The Kid. L’insolence, le défi à la société et à sa morale, la fuite en avant, et une issue forcément fatale.

On est à Hollywood, en juin 1990. Billy Greenfield, un tout jeune prostitué, homosexuel et dealer, est retrouvé mort sur la pelouse d’une luxueuse résidence, non loin de villas occupées par quelques vedettes. Dont Jack Bell, un jeune premier, la coqueluche de toutes les filles, un nouveau Casanova. En apparence. Même le policier qui mène l’enquête, pourtant marié à une femme épatante et bientôt père, ne peut rester insensible à son charme. Pour les besoins de l’enquête, ils se voient. Puis se revoient. Et tout bascule.

Rédigeant à la première personne sa confession bien après que tout cela s’est terminée, le policier-écrivain a tout loisir d’essayer d’analyser, d’expliquer une histoire à laquelle il a encore lui-même du mal à croire. Comment l’amour fou, la passion la plus impérieuse, peut amener deux être jusqu’au bout d’eux-mêmes, et l’un, d’une totale lucidité, à faire exploser le petit monde (travail, famille, principes) sur quoi il avait jusque-là fondé sa vie.

Et quoique très américain, il ne dispose pas de ce rempart majeur, la foi, pour résister aux assauts de son beau démon tentateur.

Philippe Besson, qui aime bien, de livre en livre, surprendre son public, s’est risqué dans une espèce de polar à l’américaine, traité de façon très cinématographique. Il en reprend et en assume quelques clichés, tout en les subvertissant pour les besoins de sa cause. Non sans habileté, avec réalisme et sans rien de scabreux. La deuxième partie du roman, l’acmé du désir entre les deux garçons sous le regard, sinon complice du moins bienveillant, de la mère du policier, est fort réussie. Et le personnage de Mc Gill, le flic intègre, délicat et plein de compassion, qui découvrira finalement toute la vérité, est un très beau second rôle. Tout cela est sensible, se lit comme une évidence. Philippe Besson a du talent et du métier. Ceux qui ont aimé ses précédents romans vont adorer. Quand au cinéma, ce livre semble taillé pour lui sur mesure, plus encore que Son frère, adapté à l’écran par Patrice Chéreau.

Jean-Claude Perrier

Un homme accidentel - Philippe Besson

(Julliard- 19 euros)

Mes yeux dans ton regard

mardi 22 janvier 2008

Papier glacé


Dans ces magazines de mode so chic sur la table basse du salon, Numero (Homme) est toujours agréable à feuilleter.
On s'attardera, dans la dernière livraison (Hors série mode printemps-été 2008 n°15) sur quelques très beaux modèles souvent en tenue légère.
C'est bien pour ça qu'on l'a acheté (6 € tout de même), non ?

Drague

Cambacérès, un gay au service de l'Etat.


Carrière d'homme d'état exemplaire que celle de Jean-Jacques-Régis de Cambacérès (1753-1824)
qui fut tour à tour président de la Convention (1794) et présida ensuite le Comité de salut public.
Sous le Directoire, après un passage au Conseil des Cinq-Cents, il suivit une carrière de diplomate couronnée de succès (négociations avec l'Espagne) avant de devenir Ministre de la Justice, charge dont il profita pour aider au coup d'état du 18 Brumaire qui fit de Bonaparte le 1er Consul.
Après le départ de Sieyès, il est nommé Deuxième Consul et accède aux plus hautes charges de l'Etat sous le premier empire.
Homme de loi avant tout, il est le rédacteur principal du code civil français qui omet de criminaliser l'homosexualité.
Et pour cause : Cambacérès n'aura jamais fait mystère de ses goûts ; on prête à Napoléon ce bon mot adressé à son "prince archi-chancelier" qui, pour excuser un retard, prétendait qu'il avait été retenu par une dame : "quand on est attendu par l'Empereur, on dit à ces dames de prendre leur canne et leur chapeau et de foutre le camp ! ".
Retiré de la vie publique après les "Cent jours", puis exilé en belgique avant de rentrer définitivement en France en 1818, il restera éloigné des affaires jusqu'à sa mort en 1824.
Nos "anciens" doivent beaucoup à ce fin politique, puisque c'est à lui, grâce au code civil de 1791 dont les dispositions furent reprises dans le code pénal de 1810 (et non dans le Code Napoléon comme prétendu à tort), que l'on doit la décriminalisation de l'homosexualité.
C'est au XXème siècle (Etat Français de Pétain) que l'homosexualité fut pénalisée en France, les sanctions étant encore renforcées par le fameux "amendement Mirguet" en 1960 !
Les groupes "révolutionnaires" homosexuels (FHAR puis GLH) furent à la pointe du combat pour la dépénalisation et l'on dût attendre l'arrivée de François Mitterrand au pouvoir (1981) pour que la loi cesse de réprimer la "différence".
Dans la foulée, l'Assemblée Nationale abaissa à 15 ans l'âge de la majorité sexuelle pour les garçons.

samedi 19 janvier 2008

Fantasmes


Cette photo a fait le tour de la galaxie web-gay en quelques jours.
Et chacun de fantasmer, supputant sur le contenu du billet glissé sous la cloison de ces toilettes pour hommes : s'agit-il d'un rendez-vous ? d'une proposition ? d'une déclaration d'amour ?
Ou, plus prosaïquement, pardonnez-nous, d'une recette de cuisine ou, pire, d'anti-sèche pour un exam ?

vendredi 18 janvier 2008

Hockney revival.





Reprise sur de de rares écrans français du film de Jack Hazan "A bigger splash", autour du peintre britannique David Hockney.
Film pop aussi important pour la culture gay que le furent les films de Warhol avec le magnifique Joe Dalessandro (on en parlera, promis, et tout de suite aprés ça !).

Synopsis :
A travers un fascinant mélange de fiction et de documentaire, A Bigger Splash nous emmène dans l'univers du peintre anglais David Hockney et révèle les liens qu'entretiennent la vie et la création. Avec ses amis, jouant leur propres rôles, ils interprètent des scènes de la vie qui leur sont arrivées. Ou pas...
(Source : AlloCiné)

Ave Maria, Ciao Paola !

(c) Piero Pazzi

Le photographe vénitien Piero Pazzi édite un "Calendario Romano" (calendrier romain) avec de jolis curés sensibles.
Il va de soi que cette publication n'a pas reçu l'assentiment du Vatican qui, en matière d'homosexualité, campe sur ses positions rétrogrades.
A voir et à commander ici : clic.

jeudi 17 janvier 2008

Beau Bauder










Eugen Bauder est l'un des "top models" les plus recherchés.
Son animalité n'est pas sans rappeler Joe Dalessandro, sur lequel nous reviendrons.

Culture gay, un débat.

La publication en une du Nouvel Obs de la semaine dernière d'une photo de Simone de Beauvoir nue aura généré un débat intéressant entre deux blogueurs de gayattitude.
On ira voir ce billet sous pseudo "karedig" en n'oubliant pas de suivre les liens : clic
Ce n'est pas ici, sur Gay Cultes, qu'on niera l'existence d'une culture gay.
Ce débat sur un site foisonnant où se côtoient des billets faisant l'éloge de Mylène Farmer, des "post" politiques, des photos de vacances, des chats, des nus masculins, des confessions d'intérêt variable, démontre la diversité de l'univers gay en ce 21ème siècle commençant.
Intéressant.

mardi 15 janvier 2008

Faune


Ce garçon en extase me rappelle l'un des dessins sulfureux de Jean Cocteau compilés dans le beau "Ils" (éditions Le Pré aux clercs) :

("Ils" - Détail - signé "Jean")

Gay Cultes ne pourra ignorer longtemps le poète extravagant, touche-à-tout de génie, sur lequel on lira avec intérêt la bio de référence par Claude Arnaud (Gallimard éd.).

Bertrand Delanoë


Elu Maire de Paris depuis 2001, Bertrand Delanoë avait auparavant fait son "coming out" sur une chaîne de télévision regardée majoritairement par un public "jeune".
En près de 7 ans de mandature, il a prouvé largement que l'orientation sexuelle n'influe en rien sur les qualités requises pour administrer la capitale de la France.
Delanoë a une vraie passion pour "sa" ville, pour laquelle il ne ménage ni son temps ni son énergie.
Cette passion le conduit parfois à certains excès, et d'aucuns le décrivent comme autoritaire, ce qui, finalement, cloue le bec à ceux qui voudraient qu'un homosexuel soit nécessairement faible, veule et immature.
Bertrand Delanoë est donné favori du prochain scrutin municipal de mars 2008 : la liste dirigée par la Maire UMP du 17ème arrondissement, Mme Françoise de Panafieu, soutenue logiquement par le Président Sarkozy, dans laquelle on retrouve nombre de tenants du fameux système Chirac/Tibéri (ce dernier figure sur la liste du 5ème) ne devrait pas entraîner l'adhésion des parisiens qui, selon toutes les enquêtes d'opinion, sont majoritairement satisfaits de l'administration de la capitale par l'équipe actuelle.
Donné avant son élection de 2001 comme un "apparatchik" du PS sans envergure, Delanoë a surpris son monde en révélant un réel charisme et des talents d'orateur et de débatteur retoutable.
Dans une métropole de "melting pot" comme Paris, la "différence" du Maire ne fait l'objet d'aucun commentaire désobligeant (sauf en campagne électorale où quelques auto-collants "PD" devraient fleurir sur les affiches !).
Quant à transposer sur le plan national, il reste, à notre avis, beaucoup à faire.

samedi 12 janvier 2008

Ange du samedi.

Le "top model" Eugen Bauder

Voir aussi (et surtout !) le "spécial Eugen Bauder".

Jean Guidoni - Je pourris camarade

A la fin des années 70, Jean Guidoni fut le premier chanteur à revendiquer ouvertement son homosexualité.
Son spectacle "Crime passionnel", très "cabaret allemand", fut présenté avec un énorme succès aux "Bouffes du Nord".
Sa collaboration avec Pierre Philippe a donné des chansons qui jettent un regard souvent cruel sur la communauté gay à l'époque pré-sida.
Jean Louis Foulquier, pape auto-proclamé de la "bonne chanson française" avait dû réviser quelque peu un premier jugement un peu hâtif sur le talent du chanteur.
Il est vrai que les premières chansons de Guidoni étaient entâchées du sceau de la "variété".
Depuis, Guidoni fait honneur à son métier, sans aucune concession.
Un artiste.

Jazzy George

La vidéo est de qualité moyenne, mais on peut fermer les yeux et savourer.
(George Michael : Roxanne)

vendredi 11 janvier 2008

Ange Heurtebise (?)

La plus belle ville du monde ?




J'ai découvert Venise en septembre 2005.
J'ai appris très vite à m'éloigner du chemin balisé pour touristes, même s'il faut voir une fois le Rialto, la Place St Marc, le Palais des Doges et le Pont des Soupirs.
A Venise, il faut savoir se perdre et trouver, même en pleine saison, les lieux les plus paisibles que rien ne vient troubler, hormis le clapotis de l'eau omniprésente dans la Cité des Doges qui fut, ne l'oublions pas, une République exemplaire, phare de modernité en démocratie.
Il faut aussi parcourir la lagune et découvrir les îles autour de la cité.
Désormais, il m'est impossible de laisser passer une année sans séjourner à Venise.

Photos prises à Burano.

Chef d'oeuvre.

Lucio Battisti : Emozioni.
Comme son nom l'indique.

mardi 8 janvier 2008

Angelo

Divine Mina (fin ?)

Comme Mina, Lucio Battisti, auteur-compositeur-interprète prématurément disparu, suscite encore la dévotion des italiens : auteur avec son partenaire Mogol d'immenses succès de la chanson transalpine, il passa la frontière en 77 avec "Ancora tu" et "Si viaggiare" sur lesquelles on dansait au "7" de la rue Sainte Anne, haut lieu des nuits gay parisiennes.
Ici, les deux grandes "star" donnent toute la mesure de leur talent dans ce "medley" enregistré en 1971.
Battisti est encore un "minet" et Mina arbore sa fameuse crinière de lionne hautement symbolique !

Divine Mina (3)

La chanson "Un año de amor", entendue notamment dans le "Talons aiguille" de Pedro Almodovar chantée par Luz Casal est d'origine... française (texte Nino Ferrer, musique de Gaby Verlor).
Mina chante souvent en espagnol.
Ici, elle interprète cette chanson en duo avec une "star" du flamenco : Diego "el cigala".
Elle en enregistra une première version en 1965 disponible sur "youtube".

DIVINE MINA (2)






Contribution wikipedia :

"Mina est la principale, et sans doute meilleure, chanteuse italienne de dimension internationale. Née en 1940 dans le nord de l'Italie, elle devient célèbre à la toute fin des années 50, extrèmement jeune. Dans les années 60, elle devint l'animatrice et la chanteuse officielle de la Rai, et la meilleure des vendeuses de disques en Italie. On la surnomme désormais, avec sa crinière, "la tigre di Cremona", la tigresse de crémona. Son art vocal va du jazz à la chanson napolitaine en passant par la chanson dite à texte. Souvent comparée à Dalida, à tort, elles eurent un tube commun, "parole, parole", écrit d'abord pour Mina, puis repris par la suite par Dalida. Femme de caractère, farouchement indépendante (elle crée avec son père en 1967, sa maison de disques PDU), elle accorde une importance particulière aux pochettes de ses disques avec un travail graphique remarquable et étonnant pour l'époque, ce à partir du début des années 70. On la voit en homme barbu, en culturiste, en Joconde... Elle fait ses adieux à la scène et aux plateaux de télévision en 1978, en pleine gloire et beauté. Elle n'y réapparaitra plus, sauf par le truchement d'images volées. Depuis, elle sort pratiquement un album tous les ans, souvent moitié de reprises américaines, moitié de chansons italiennes. Elle est à la tête du trio formé par elle, Patty Pravo et Ornella Vanoni, souvent moqué -gentiment- par la chanteuse et imitatrice de talent, Loretta Goggi. La réputation de Mina, outre en Italie, a surtout atteint les pays hispanophones. Elle aurait refusé une carrière américaine, épaulée en cela par Franck Sinatra qui l'avait repérée. Louis Armstrong aurait dit d'elle, 'qu'elle était la plus grande chanteuse blanche'. Mina est pour ainsi dire la Oum Kalsoum italienne, de part son impact sur sa civilisation, sa personnalité stupéfiante, son invraisemblable productivité, et son spectre vocal phénoménal. Elle excelle surtout dans sa propre langue, même si elle a chanté en divers idiomes qui vont du japonais à l'allemand. Ses tubes sont "il cielo in una stanza", "le mille bolle blu", "parole, parole", "ancora,ancora", "volami nel cuore"...que l'on peut entendre sur Youtube. Elle aura vendu jusqu'à présent plus de 70 millions de disques à travers le monde."